Les entreprises familiales constituent l’ossature silencieuse de l’économie congolaise. Présentes dans le commerce, l’industrie, les services et l’immobilier, elles ont longtemps joué un rôle moteur dans la création d’emplois et de richesse. Pourtant, un constat s’impose avec acuité : en République démocratique du Congo, très peu d’entreprises familiales survivent à leurs fondateurs.
La disparition des initiateurs marque souvent le début d’un lent déclin. Plusieurs groupes autrefois emblématiques GB, Dokolo, KAMI, Kansebu, Kisombe, Fontshi, Wetrafa, GLM, entre autres illustrent cette fragilité structurelle. Ces entreprises, parfois bâties sur plusieurs décennies, n’ont pas su franchir l’étape cruciale de la transmission générationnelle.
La principale cause réside dans l’absence d’anticipation. La succession est rarement pensée comme un processus stratégique. Les héritiers accèdent à la direction sans préparation suffisante, sans formation managériale, ni vision claire pour adapter l’entreprise aux mutations économiques. Le leadership repose davantage sur le lien de filiation que sur la compétence.
À cette impréparation s’ajoutent des conflits internes souvent latents. Rivalités entre frères et sœurs, luttes de pouvoir, confusion entre sphère familiale et responsabilités professionnelles affaiblissent la gouvernance. L’entreprise devient un espace de tensions plutôt qu’un outil de création de valeur, ce qui compromet la prise de décision et la performance.
Les conséquences sont connues : perte de confiance des partenaires, recul de l’activité, désorganisation financière et, à terme, fermeture. Ce qui aurait pu devenir un patrimoine économique durable se réduit à un souvenir familial.
La pérennité des entreprises familiales n’est pas qu’un enjeu privé. Elle constitue un défi majeur pour la stabilité économique et sociale du pays. Sans une véritable culture de la transmission, l’économie congolaise continuera de perdre des acteurs essentiels à son développement.
